L’écoute, et le travail thérapeutique que nous proposons, se revendique de la psychanalyse. La spécificité de celle-ci, par rapport à la psychologie en général, consiste dans la prise en compte de l’inconscient. Mais comment définir ce dernier, qui par définition se dérobe à la conscience? L’inconscient, en effet, serait ce quelque chose qui en nous sait ce que le reste de notre être préfère ignorer. Malgré toute notre bonne volonté, tous nos efforts pour vivre mieux, ce quelque chose résiste, et nous fait sans cesse échouer. Il faudra bien finir par l’écouter, pour enfin pouvoir évoluer. Et à côté de ce que nous imposent nos convictions, nos idéaux, nos proches, il faudra bien faire sa place au désir et aux rêves, pour que se rouvre le possible. Car si la psychanalyse réinterroge le passé, c’est avant tout pour rendre sa consistance au présent, et son dynamisme à l’avenir.
Sandrine Willems

Cliquez sur les titres afin de faire apparaitre les scénarios

Isabelle a presque vingt ans, et tout pour plaire. Or elle se voit comme une ratée, pleure et ne sait pas pourquoi. Elle rêve souvent de terre, de terre qui salit ses pieds, de terre où elle s’enfonce, jusqu’à sombrer. Elle finit par faire le lien avec la ferme où elle passait son enfance. Elle s’aperçoit qu’elle a peur de quitter son enfance, peur de perdre par là l’amour de ses parents, qui a toujours eu du mal à se dire. Elle se met à leur parler, se rapproche d’eux, éprouve la solidité de ses racines. La terre dont elle rêve devient fertile, et donne naissance à un arbre. Elle a moins peur de devenir une femme…
Sandrine Willems

Son père, Sonia le connaît à peine, sachant seulement qu’il est Africain, et qu’il est resté sur son continent. Sa mère, une Française, est revenue dans son pays lorsque Sonia avait deux ans, et peu après l’a confiée à sa propre mère. Aujourd’hui, à quinze ans, elle dit n’avoir envie de rien, et ne savoir qui elle est. Il faudra d’abord qu’elle sache d’où elle vient. Elle se met à interroger sa grand-mère. Elle reprend contact, par téléphone, avec sa mère, qui vit à l’autre bout de la France. Et ce qu’elle ne réussit pas à savoir, sur son père, elle finit par l’inventer. Elle se découvre tant d’imagination qu’elle se met à écrire des contes. Lorsqu’elle le dit à sa mère, celle-ci lui apprend que son père était conteur. Un jour, Sonia écrit l’histoire d’une femme qui avait la passion des voyages. Puis elle se dit que cette femme pourrait être sa mère. Ce qui est bizarre, c’est que sans savoir pourquoi, elle se sent moins triste…
Sandrine Willems

Tout va bien. Mathias a des parents adorables, à qui il dit tout. Il a une petite amie, qui partage son goût pour le tir-à-l’arc, dont il voudrait faire son métier. Le seul ennui, c’est le collège, où il ne fait plus rien. Pour lui ce n’est pas très important, sauf qu’il redoute de décevoir ses parents. Au fond il sent qu’il les a déjà déçus. Tous deux sont de brillants professeurs d’université, qui espéraient voir leur fils suivre leurs traces. Il se rend compte, maintenant, combien ce destin tracé d’avance lui était pesant. De plus en plus souvent, il entre en conflit avec ses parents. Il s’aperçoit que ses échecs scolaires étaient une façon de s’opposer à eux. De leur côté, ceux-ci commencent à mieux accepter que les désirs de Mathias soient différents des leurs. Un jour, ils viennent même l’admirer à un concours de tir-à-l’arc. Deux mois plus tard, Mathias passe son brevet sans difficulté…
Sandrine Willems

Suite à une rupture amoureuse, Christelle s’est effondrée – jusqu’à tenter de se suicider. Elle a de nouveau des crises d’asthme – que depuis son enfance elle ne connaissait plus. En décrivant la sensation d’étouffement qu’elle éprouve alors, elle fait le lien avec son père, qui est mort étouffé dans un incendie, douze ans auparavant. Elle réalise qu’elle n’a jamais accepté cette mort. Parfois elle s’enferme dans sa chambre, des jours entiers, comme si c’était elle qui était morte. Elle réalise que cette récente séparation amoureuse ravive la douleur d’avoir perdu son père. Elle laisse enfin couler ces larmes que dans son enfance elle n’a pu verser. Les crises d’asthme se font plus rares. Et elle s’avoue, peu à peu, que ce garçon qui vient de la quitter ne lui convenait pas du tout…
Sandrine Willems

David prend tout ce qu’il trouve: cannabis, crack, ekstasi. Il sait que cela risque de mal finir. Mais la vie lui semble si grise. Jamais il ne voudrait, par exemple, se retrouver comme sa mère, à travailler huit heures par jour dans un supermarché. Quant à son père, il préfère ne pas en parler. Tout ce qu’il peut en dire, c’est qu’il ne veut plus le voir et que c’est un salaud, qui a abandonné sa mère. Un salaud qu’il aimerait bien voir crever d’une bonne overdose. Vu que son père aussi est dans la drogue. “Ces histoires-là, c’est génétique”, dit-il, se croyant condamné à reproduire le destin paternel. Au point que malgré lui, il ne cesse de parler de son père. Celui-ci, peu à peu, lui paraît alors moins coupable. Il s’aperçoit que c’est sa mère, qui a sali ce père. Sa mère, du coup, lui semble moins irréprochable. Et lui-même cesse de se voir tantôt comme un saint tantôt comme un monstre. Il se fait de nouveaux amis, en dehors du monde de la drogue. Et celle-ci lui devient moins indispensable…
Sandrine Willems

Ce qu’aime Noé c’est séduire, et il y réussit à merveille. Dès qu’il décide de conquérir une fille, il parvient à ses fins. Mais ce petit jeu, toujours pareil, commence à l’ennuyer. Au fond, ce qu’il voudrait, ce serait tomber amoureux. Mais cela lui semble impossible. “Tous mes sentiments sont morts”, dit-il, et cela finit par l’angoisser. Il se demande s’il n’est pas homosexuel. C’est alors de ce côté-là qu’il tente quelques aventures. Mais les garçons ne l’émeuvent pas davantage que les filles. En lui règne la même indifférence qu’entre ses parents. Il s’aperçoit que son père a toujours fui dans le travail, et que sa mère a été aussi froide avec son mari qu’avec ses enfants. Sa rancune s’exprime, puis sa tristesse. Un jour il fond en larmes devant une de ses copines. Elle lui caresse alors les cheveux, et à ce geste il se sent envahi d’une tendresse inconnue. Il la revoit. Il ne sait pas encore très bien ce qu’il éprouve pour elle, mais en tout cas il n’a jamais ressenti ça…
Sandrine Willems

Numéro d'Acacia